28 juin 2006
Defiançaille

D’un air reconnu, aux oreilles parvenu comme ça, tout simplement, alors que bat le vent, déchirant l’espace, que, sombre, la nuit s’implante sur les mondes du dehors, une foret hostile, un jardin docile, ténèbres naissantes, je savoure l’instant de te regarder, dans toute ta naïveté, l’enfant qui se cache en l’homme que tu es, l’homme qui ne connaît pas cet enfant qui repose en lui. Sieste grenadine. Tu me parles parfois au détour d’un couloir. Tu me contournes parfois dans des pièces grandes et vides, tournant autour de ce que tu crois être moi : mon corps, mon écorce, car tu ne me connais pas, malgré les jours qui passent, malgré les vies qui passent, les onirismes narrés pour ta seule curiosité, la satisfaction tout simplement de t’aimer, pure et idéale.
Cette chanson, je la reconnais, mais ne la connais pas et tu fredonnes à l’instant les paroles d’une façon bien curieuse qu’elle semble t’appartenir d’une façon que je ne saurai saisir. Sans doute avons-nous dansé dessus lors de notre rencontre, dans une discothèque sombre et fatale, aux milieux de tous ses clichés qui animent des nuits éphémères et ressemblantes, mais je te répondrai que tous les jours c’est une rencontre, surtout avec toi.
Sans doute avons-nous fait l’amour un jour, dans nos draps doux et blancs, la chorégraphiant à notre insu alors que nos corps se pénétraient, qu’elle était la voix d’un prête permettant cette union. Mais je te répondrai que ces unions se multiplient comme des pains, que les peupliers sèment au vent bien plus que de raison.
Alors tu t’enfermes dans un monde de silence, aux portes de cristal que je ne peux briser, avec tout ce que mes muscles comprennent de force. Tu discernes dans ce prisme déformant de ta propre conscience un être qui frappe et frappe sans relâche cette porte que tu t’ai plu à créer, avec aux yeux une larme qui point, qui coule sur son menton, et s’en extrait, pour retomber sur le cuir noir de ses chaussures trop propres pour être neuve, éclaboussant le cristal de la porte, laquelle finalement cède et s’ouvre en grand. La musique s’arrête alors, grandiose en son decrescendo, vibrant une dernière fois parmi les strass. Et la vie de reprendre son cours.
20 mars 2006
La marche - Etat de grâce
C’est une longue route et tu l’as parcouru, les yeux rivés sur une ligne d’horizon fixe et linéaire, changeante et absolue, sans jamais te retourner vers ce soleil assassin, aux rayons perçants ta nuque gracile et moite, une route que tu as pris pour fuir ce passé lourd et soit disant lointain, route terrible qui te mène quelque part entre l’Auvergne et les Pyrénées, à la croisée d’un monde que tu ne connais pas : l’état de grâce, sauvagerie, vie à l’ancienne et réclusion à perpétuité. Tu es sale, tu pues le souffre, le sperme et le sang. Ta bouche se nourrit de baies que tu ne connais pas. Les comestibles aux intestins glissent délicieusement, les venimeuses tordent tes lèvres en un rictus puant, déforment la muqueuse en y laissant des boutons purulents que tu éclates en pensant à elle, aux ébats de chair brutaux et incontrôlés, à sa vulve hurlante et bouillante qui t’as maintes fois absorbée et gangrenée comme un siphon béant, une usine aux milles mains haletantes et cruelles. Tu bois de nouveau le délice de sa chair à chaque baie dont ta gorge se repaît, ton palais se délecte. Tu ne manges donc que des baies, tu les trouves un peu partout, dans ses buissons sauvages et interdits, comme un enfant qui cherche de nouvelles sensations et ne se fie qu’à la couleur des choses pour les apprécier.
Le rouge te va si bien.
Et tu bois, tu bois cette eau parfois fangeuse des rivières et des ruisseaux : ton organisme s’est fait à tous les poisons de la terre et tu pourrais insidieusement plonger ta langue dans l’eau du Gange pour guérir tous ses corps las qui y traînent, entremêlés et presque nus, en promenant tes mains gercées sur leurs visages creusés par la faim et la maladie, tu pourrais tout parce que l’amour multiple t’a transfiguré et que ton corps est devenu une entité autonome, qui te transporte et te déporte loin de ce que tu es. Tes nourritures ne sont plus qu’eau souillée, choses de la nature, ta nourriture réelle est la fuite, ou plutôt ton salut et dans cet état de grâce tu plonges sans jamais rencontrer la nuit.
*
« - Bonjour Nicolas.
- Bonjour toi.
- Tu sais qu’aujourd’hui j’ai appris à fermer les volets ?
- Mais tes maisons n’ont pas de volets !
- Je les ai créées avec ma pensée
- La pensée est souveraine au dessus des toits »

17 mars 2006
Subway anecdote

Le métro, aux alentours de minuit, peut-être chargé d’une ambiance telle que je sens mon corps magnétique. Le climat souterrain, le va-et-vient de fantoches glauques qui déambulent, avec au regard l’uniformité d’un but inexistant, la colère contre rien, jurant contre les vitres sales qui défilent à 100 à l’heure, dans un décor sans émotion, froid comme mes désirs.
J’aime cette ambiance nihiliste et mystérieuse, dangereuse.
Mais ce soir là, aux alentours de minuit, c’était plutôt la ruée vers l’or : des jeunes bruyants et sans respect qui vous tutoie vulgairement pour vous demander une clope alors que vous avez quinze ans de plus qu’eux, des gens absurdes et niais, fatalement déguisés, qui se sont amusés à leur façon, mais puent à plein nez le ridicule et cette espèce de pseudo bourgeoise coincée du bulot qui n’a de cesse de m’observer avec un air plus ou mois hautain, scrutant de ses yeux marrons dégueulasses et communs mes chaussures.
Oui, mes chaussures.
As-tu un problème, conasse, à regarder mes chaussures avec une telle insistance, puis regarder tes horribles savates pointues ? Oui je suis bien habillé, oui j’ai une belle veste noire, un beau pantalon noir, une belle chemise neuve… et oui mes chaussures sont souillées par des traces d’un vomi qui ne part pas et que probablement tu crois mien, si tu as compris de quoi il s’agit. Mes chaussures ne sont pas d’un noir uniforme. Je suis un enfant sale. Tu me dis ça dans ton regard…
Cela semble te poser un problème tel que tu me regardes comme si j’étais la dernière des merdes sur cette terre. Tu fais la maligne avec ce bouffon qui te sert d’amie et probablement de faire valoir, mais observe toi bien, car dans quelques années, beaucoup de gens te regarderont de la même façon que Tu m’as regardé ce soir : tu seras inévitablement bossue. J’espère néanmoins – parce que je suis courtois – que tu le vivras bien.
16 mars 2006
La forêt et le cimetière II
Les jours ont passés, les uns après les autres, dans une attente vaine et stérile, à gratter du tombeau jusqu’au sang, m’endormir sur des pierres tombales comme s’il s’agissait de la tienne. Je te voyais mort, parce que tu ne revenais pas. Aurai-je pu me dire que tu ne souhaitais plus être mon ami, parce que je t’avais proposé de planter des arbres dans mon cimetière, alors qu’il aurait été plus facile pour toi que je sème des tombes dans ta forêt ?
J’ai donc pris le peu d’affaire que j’avais et les larmes aux yeux, j’ai quitté mon domaine parait-il sinistre, lâcher ma vie pour te rejoindre car les amis – les vrais – savent dépasser leur vie pour leur prochain, et que l’amitié est la forme d’amour la plus noble.
Jamais le portail n’avait tant grincé qu’à mon départ, tant je l’ai fermé doucement, la main lourde et le cœur chargé de regrets. Je laissai les clés sous un caillou vers l’entrée, sachant que je ne reviendrai plus ici. Plus jamais. Il commençait à neiger et je me suis dit les larmes aux yeux que je ne profiterai pas de ce spectacle surnaturel : voir tant de candeur enlacer mes tombeaux, recouvrir la mort d’un voile fin et vivant, qui je l’espère resterait intact… Tu faisais pareil dans ta forêt en posant des pièges.
Je me suis dit que je tomberai peut-être dans un de ces pièges, et que tu viendrais me sauver comme je t’ai sauvé. Et que tout redeviendrait comme avant.
Personne dans la forêt et pas l’ombre d’un piège, j’ai fouillé chaque recoin humide de ton antre, le cœur serré d’angoisse, de jour comme de nuit, envahit par un milliers de peurs absconses, pris par cette sensation de vertige, l’être ailé dans la tête, virevoltant et des âmes tonitruantes et lasses mesuraient la cadence de mes pas. J’ai trouvé cette petite clairière où tu vivais, ta petite cabane dévêtue de toi et de tes idées. Les jours ont passés et j’ai su que je ne te reverrai jamais. Milles et une tristesse m’envahirent et je crus ne jamais pouvoir vivre à nouveau.
J’ai alors commencé l’œuvre : ériger un temple pour toi dans la clairière.

15 mars 2006
La forêt et le cimetière

Tu as posé tes doigts sur moi comme un orphelin. Tu m’as touché au plus profond de moi-même. Dans tes yeux, j’ai lu la peur, une peur unique et tu m’as dit de rester auprès de toi, d’être plus que cet ami que j’ai toujours été mais sans me demander l’impossible. D’être là le temps qui passent tes douleurs.
Aujourd’hui nous avons grandi, toi dans la forêt, moi dans un cimetière. Je voyais le soleil se lever et cette vision transperçait mes yeux, toi, tu le sentais seulement se lever et ton visage accueillait le moindre rayon comme le plus beau cadeau qui soit. Des étincelles dans tes yeux.
Tu touchais des écorces pleines de vie pendant que je tripotais des sépultures.
Tu avais pourtant décidé, un jour, qu’il fallait que je vienne avec toi dans la forêt, tout en sachant pertinemment que ce n’était pas mon monde mais que ce monde, en l’occurrence le tien, m’était à la fois étranger, féerique et troublant et que seul lui pouvait me sauver de la force du soleil et du destin que je m’étais forgé entre les pierres.
Je suis donc aller dans ton antre sombre et humide, espace de l’infini. Mes pas crissaient sur tes sentiers, la vie grouillait sous mes pas, et à chaque avancée au plus profond de ce lieu, je me sentais observer par des centaines de présences obscures. Tu ne ressentais pas tout ça. Je t’ai cru en danger dans un pareil lieu et j’ai voulu que tu viennes avec moi, là ou mon corps et mon esprit devraient être.
J’ai vu de nouveau cette peur saisir ton regard, mais je t’ai dit ces quelques mots :
« Ne t’inquiète pas, je suis là, tu sais que tu peux me faire confiance, viens avec moi et tu verras. Tu m’as dit que tu aimais la chaleur du soleil sur ton visage, ici, il fait sombre, il fait nuit, j’ai peur ».
Tu m’as donc suivi, écoutant mes paroles, en te référant peut-être à ton instinct : tu sais que je n’allais pas t’abandonner, t’enfermer dans mes prisons. Après tout tu ne m’as pas enfermé dans les tiennes car telle est l’amitié. Tu es donc venu et j’ai pu lire sur ton visage que tu vivais ici des peurs égales aux miennes mais tes peurs, je ne les comprenais pas, je ne pouvais pas les comprendre. Tu aimais pourtant cette chaleur sur son visage.
Nous avions tellement peur l’un et l’autre de la forêt et du cimetière, une peur irrationnelle des recoins de ces lieux finalement si peu accessibles. Il nous fallait vaincre nos peurs ou bien s’oublier à jamais.
Je t’ai donc proposé de planter tes arbres en ma demeure, ainsi pourrions-nous être l’un avec l’autre, être au cœur de ce que chacun aime, mais l’un avec l’autre. Tu m’as dit :
« Je reviens, je vais chercher des graines. »
Et tu n’es jamais revenu.
14 mars 2006
Epilogue

Il est un temps où malgré tout l'amour que l'on porte à une personne, il n'est plus possible de marcher dans le même chemin qu'elle et bien que certaines routes se croisent, d'autres sont amenées à ne jamais (plus) se rencontrer. Et l'on reste, tel un auto-stoppeur, sur le bord de cette route qui mène nulle part, reliée à des villes désormais fantômes, parce que les villes s'effacent une à une dans un souvenir brumeux. Pour le meilleur et pour le pire.
Il est un temps où la seule chose qu'il est possible de faire, sur cette route isolée et sans fin, c'est de marcher, marcher sans relâche, malgré le sommeil, malgré la faim, malgré la soif, malgré le froid, malgré la vie elle-même, cette grande putain qui écarte les jambes à l'infini, entre grandeur et décadence.
Il est un temps où tu te dis à toi-même les poings serrés : je dois me reposer, dormir et mes rêves créeront un oubli à leur façon. Je suis fort, je peux effacer des années de ma vie et toutes les personnes qui m'ont entourées. Après tout, nous sommes partis. J'ai pris - j'ai choisi - comme un grand la route de la solitude et je sais que cette route peut-être sans fin et pleine de beaux mirages, lorsqu'il fait chaud et que brûle l'asphalte, qu'elle peut me conduire aux hameaux les plus glorieux, ou bien aux châteaux les plus déshumanisés. Mais j'espère plutôt un endroit secret.
Il y'a aussi cette petite voix sourde qui me dit : j'admire néanmoins ta façon de regarder droit devant, vers ce beau nulle part.
De toute façon, tu sais très bien que le soleil va se lever...
12 mars 2006
Astarté

Une nuit bleue, parce que c’est toujours la nuit, mais celle-ci avait la couleur du jour. Tu revenais de ce pays multicolore où l’on ramasse à volonté des scarabées de toutes tailles, ors et noirs, du coté des routes désolées. Et tu m’as chuchoté dans l’oreille : « n’écoute pas les mots de la prophétie » puis tu m’as remis le traditionnel cadeau du bon voyageur : tout voyageur rapporte aux personnes aimées, amis, amour, famille, amants… une petite chose de ces multiples là-bas. C’était une boite, une boite tout ce qu’il y’a de plus simple. Quand tu l’ouvres il n’y a rien d’autre que du vide. Quand tu l’ouvres tu peux entendre une musique proche de celles de l’enfance, du berceau… avec une tonalité peut-être plus sombre. Conscience oblige.
Deux jours plus tard, une autre nuit bleue.
Seul et las, il était reparti vers un autre horizon, me laissant seul avec cette fameuse boite qu’il me fallait, inconscience oblige, ouvrir à nouveau pour en pénétrer l’ineffable secret. Une dame du temps jadis, sorte de marquise sortie de sa tombe, est venue à moi le moins naturellement du monde. Elle portait contre son corps froid et blanc une robe spécieuse et déchirée, rehaussée d’un buste aux diamants coulants de larves jaunes comme le soufre, mettant en valeur une poitrine creusée comme un puit sans fond.
Elle m’a fait comprendre, par un geste de sa main décharnée, de la suivre dans un périple incertain à travers une forêt étrangement basse, un col étroit et un pic dru, levé vers le ciel noir.
Car il était devenu noir. La nuit à l’intérieur.
« Viens Nicolas, je vais te montrer un jeu que tu ne connais pas encore. Sens sur mes lèvres le goût de l’Iode et ferme les yeux. »
J’ai senti dans mon corps la blessure exquise et douce qu’on peut ressentir quand on embrasse quelqu’un pour la première fois, cette sensation chaude et molle de pénétration, si ce n’est cette langue fourchue qui me brûlait jusqu’au palais, fouillait mon intérieur pour en sortir la substance même, à m’en décrocher le cœur avec ivresse. Et je sombrais chaudement dans cette puissante mort, m’abandonnais à celle qui désormais sera ma déesse, à qui je vouerai ad vitam eternam, s’il en est, un culte puissant et doux, éternel et pur comme une neige qu’on ne peut fouler.
11 mars 2006
El diablo 2

Johann n'avait pas refusé cette invitation, terriblement tentante au demeurant et l'avait donc suivi dans cette fête, attiré par cette idée de facilité. Tout lui semblait si difficile à obtenir dans sa vie d'autant plus qu'il se plaignait de ne pas être pourvu de ce genre de physionomie qui fait qu'On se retourne à son passage, parce qu'elle suscite le désir, assez de désirs pour ne plus être considéré autrement que ce qu’il était auparavant : un amant kleenex, celui qu'On utilise une fois, à des fins certaines.
Johann aimait sentir cette puissance et son corps s'est mis à changer : il a pris de l'ampleur. Ses traits se sont magnifiés. Quel effet de sentir toute cette foule autour de lui qui, bienséante, l'acclamait. Sensation de gloire, mais de vertige car la fête, une fois commencée, ne peux plus s'arrêter, passe de grandes salles sombres aux éclairages convulsifs à de petits labyrinthes de métal baignés dans l'obscurité et la moiteur. Et la proximité des corps se fait telle : étouffante.
J'ai rencontré Johann, une fois. Comme il avait changé ! Je dois dire qu'il était devenu séduisant, le goût pour se vêtir : une belle veste anthracite lui tombait le long du corps, ouverte sur un corps taillé dans le marbre. Ses yeux avaient un éclat nouveau. Il m'avait regardé d'une manière tout à fait particulière, qu’il n’est pas possible de décrire puisque habitée.
Je m'en souviens comme si c'était hier. Aujourd'hui Johann n'existe plus, mais vous l'avez probablement, un jour ou l’autre, croisé.
10 mars 2006
El diablo

Un jour, j'ai rencontré le diable. Sur une route déserte. Je n'avais pourtant pas siffloté ni même pensé un instant à la possibilité que je puisse le rencontrer, ou aucune autre possibilité de n'importe quelle ordre. Mais je ne me rappelle plus, à ce moment précis, ce qui cavalait dans ma tête car il cavale toujours des idées dans ma tête, surtout lorsque je marche.
Il m'est apparu donc et m'a dit qu'il me connaissait mieux que je me connais moi-même (est-ce possible?) et qu'à ce titre il pouvait m'emmener dans une fête grandiose, une fête qui pourrait exaucer tous mes voeux et dans laquelle je trouverai le garçon de mes rêves. Que ce garçon m'aimerait, ce qui est un luxe, parce que les garçons que vous aimez ne vous aiment jamais.
Il m'a donc promis cette magnifique fête.
C'était en été, un été lourd et pluvieux. J'aurai tout fait cet été là pour me retrouver, car j'étais réellement perdu, ne retrouvant pas le tracé de cette route sinueuse que j'avais moi-même tracée.
Je pouvais le croire, car il avait arrêté la pluie et fait revenir le soleil, naître un vent doux et lancinant, adoucit le climat. Il faisait des Miracles. Il attendait- il m'attendait.
Je sentis sa présence lourde comme du plomb m'assaillir, la chaleur de l'été me dévorer et un millier d'envie me terrasser. Il me fit signe de le suivre et machinalement je le suivi, puis, le devançai, sourire aux lèvres et déjà repu de toutes ses promesses. Puis, tout d'un coup, sous une rafale de pluie, je me suis retourné brusquement et, mes yeux rivés au plus profond de ses yeux noirs et feux, je lui ai dit : "je n'ai pas de rêves".

