Le journal inversé

Eros et Thanatos... Confessions, reflexions, inepsies, labyrinthes, tranches de vie de l'écrivain Nicolas Raviere.

18 mai 2007

Mon Petit Pantin

(Participation à Paroles Plurielles sur cette photo de Coumarine)

pantin

Mon homme est grand mon homme est beau mais trop statique

Jambes écartées, mais sur elles-mêmes repliées

Mon homme impose par un charisme extatique

Les bras ouverts aux mains de fer écartelées

Sa puissance virile démontrée m’enchante

Brun et mystérieux me voici acculé

A cet air de mystère, le soyeux des étoffes

Le galbe de son corps, sa douce voix qui chante

L’érection qui monte à devenir fou à lier

Et la nécessité de censurer la strophe

(Mais je m’égare :)

Allant à lui, le touchant je vois bien qu’il dort

Ses yeux grands ouverts sont loin d’être symétriques

Au toucher ses vieux vêtements rêches en acrylique

Ne sont pas ces matières rouges, cousues d’or...

Non il n’est pas brun et loin d’être sensuel

Mais blond clairsemé, la bouche un rictus cruel

Il pourrait cependant me rendre mes baisers

Lors même qu’en moi s’éteignent les brasiers :

Seule l’écriture me sauvera de la gueule de bois

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04 mai 2006

Térébenthine

tereressence

Extase des sens, lourdeur du cerveau ouvrant l’opacité d’une journée avortée à gésir sur le canapé, à l’ombre des murs beiges et blancs rayonnants et absurdes. Térébenthine, je te sens, te ressens jusqu’à la moelle et ce que mon cerveau te donne en accès de moi, l’immédiat des sensations, à jamais me semble perdu, paradis nauséeux. Tu ourles le vide, perce l’opercule, réchauffe mes organes lacérés par le silence d’une journée béante et avortée, quid de l’immobilisme, agencement des fantasmes, impose sans simulacres ta loi odoriférante.

Aujourd’hui, Térébenthine, suite à tes méfaits sur les neurones, les synapses, les agencements mentaux ont chancelés et certaines chaînes permettant aux pensées de se développer, de se recouper, de progresser, d’analyser, de comparer, tout comme la propension au corps d’aspirer sa course folle à la vie, tout cela même par ta seule présence se serait brisé, décadenassé, sous le joug puissant de ta chancellerie. La roue de la fortune s’est déclarée prise au piége dans son arcane terriblement statique, en position 2, harcelée par ton artillerie plus forte que la poudre à canon. Opium des pauvres.

Emprise sur le cerveau, lourdeur fatale de l’extase, je retombe enfin. Enfin ?

Je suis et demeure en tout état de cause, à cette heure tardive, ton esclave et même si, parfois tu vacilles, je sais à mon corps pendu et lent que tu es encore là, stagnant, victorieuse, entre les quatre murs du salon, de la salle de bain, comme une menace sourde : je t’ai senti à chaque instant, malgré d’instables courants d’air, faisant vibrer langoureusement ta robe comme un cheval mort au long d’une journée gouvernée par ta seule présence, tes emprises méphitiques et terriblement douces.

Térébenthine, tu as cependant ouvert l’angoisse de la page blanche.

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15 avril 2006

L'histoire de l'enfant sans visage

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Histoire terrible et forcement vraie de ce garçon qui a perdu son visage, un matin d’hiver, en regardant le soleil blanc. Histoire tragique et néanmoins possible de cet enfant perdu, qui a vécu un peu partout et nulle part, sans voir vraiment les autres qui s’agitaient autour de lui, les ballons monter au ciel les jours de fêtes, puis s’éclater sur des poteaux électriques, les griffes et le bec affûté des corbeaux, les mille et uns feu d’artifice du 14 juillet – mais de son enfance à lui et à lui seul - qui se ressemblent tous, avec la possibilité qu’un pétard fou et égaré vienne entre tes cuisses et explose ton appareil génital pour un orgasme collectif, impressionnant et réaliste. Tout le monde rira autour de toi alors que tu auras la verge en sang, les testicules en morceaux mélangées aux lambeaux de ton jean tout neuf, que tu auras enfilé avec plaisir pour l’occasion. Mais tu garderas ton visage et les apparences seront perpétuellement sauves.

Mais, connais-tu donc l’histoire de ce petit garçon qui a perdu son visage ? Non, tu ne dois pas la connaître, alors je vais m’empresser de te la raconter. C’est n’est pas une folie, ce n’est pas un mensonge, même si tout écrit mène sa part de sensibilité, à en colorer les faits, les métamorphoser, leur donner une sensualité propre, une horreur cruelle ou détachée. A moins que tu ne veuilles pas connaître cette histoire : je t’en laisse seul juge.

Un hiver donc, après une nuit longue, car il est connu qu’en hiver les nuits sont vraiment longues, mais plutôt étendue parce que semée de cauchemars, ce petit garçon est allé chercher sa mère, car il la savait menacé par une sorte de pressentiment : par trois fois, dans un rêve glacé, il avait vu un homme vêtu de noir pénétrer leur appartement, aller dans cette chambre qu’elle avait confectionné avec amour : lit à baldaquin, draps de soie rose, couvertures en cachemire, panoplie non avouée d’une parfaite poupée de porcelaine, figée dans l’éternel.

Cet homme se posa sur elle après avoir tiré le drap et les couvertures qui la recouvraient, étendit à l’infini son corps long et musclé sur elle après avoir relevé sa nuisette de dentelle et commença son œuvre en l’étranglant de ses deux mains, étouffant les petits cris de cette petite souris prise inéluctablement au piège.

Il se leva donc pour rejoindre sa mère, la réveilla et comme toutes les mères savent rassurer leur enfant, lui appris que les cauchemars, comme les rêves, ne sont pas des réalités. Non sans le couvrir de baiser, elle le persuada que tout cela était une projection de l’esprit et lui proposa de dormir avec elle. Il se lova tendrement dans ses bras comme une poupée, avec la peur de fermer ses yeux, la volonté ferme et inébranlable de défendre sa mère quoiqu’il arrive. C’est cette nuit là qu’il perdit son visage, à force de garder les yeux grands ouverts dans l’obscurité. Quand il ouvrit les volets en se levant, au petit matin, il se découvrit aveugle devant l’étendu de blanc que proposait le ciel. Il voulut crier mais il n’avait plus de bouche ! Avec ses petites mains potelées, de sa paume moite, il fit le tour de propriétaire de son visage pour découvrir avec une stupéfaction désormais inexprimable une surface lisse : point de nez, d’oreille, de bouche, ses globes oculaires étaient vides, terriblement vides. Il ne rira plus, n’entendra plus le chant des oiseaux, ne parlera plus, ne verra jamais l’océan, ne versera plus de larme.

On ne retrouva pas cet enfant sans visage, sans nez, sans yeux, sans bouche, sans oreilles,  en revanche, il fut établi que sa mère a été retrouvée nue, les jambes écartées dans la soie, un filet de sang s’échappant de la vulve, gardant avec elle le secret de cette nuit volée à l’éternité.

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23 mars 2006

La révélation sans Le Livre

papendormi

Mon cher le moment est venu de clarifier les choses sur trois points essentiels qui sont d’une part la mobilité de ta cervelle, le néant squameux de ton cerveau et l’épisodique de ton sexe.

Primo et très secondairement cela ne va pas sans contraste avec ton choix de vie primale et avancée: l’idée même de Dieu ne peut s’en accommoder et quand tu hurles des noms que personne ne semble comprendre tu te dis clairement  en guerre contre ces évangiles que tu as toi-même créé. Tout est histoire de chair en ce moment même où  tu veux te débarrasser non sans force et renoncement de tes idées en vidant toute la substance assimilée des jours durant, à lire et relire une ineptie qui se repend sur mille et une pages et tu cambres ton corps et tu forces tes yeux à lire cette substance infâme que tu précises être un abyme sans fond, une abysse cruelle, un hypothétique métaphorique de la condition de vie mais d’une vie féconde et sans technologie aucune, une vie qui pourrait te rappeler à elle lors d’expériences sibyllines que d’aucuns n’oseraient croire. Mais moi, j’y crois.

Adapte toi, adapte moi et déplace ma main sur ton chibre, histoire de relier un peu les histoires entre elles et de participer à la création de ton avènement.

Suppose moi comme ça, si tu le veux, je te montrerai ma vision des choses et une façon de consommer l’éternel dans l’instant.
Dispose de moi. Je suis ton servant, je suis ton rival.

Je nettoierai par l’extrême tout ce qui t’as été acquis de force lors de tes jeunes années où, docile comme un mouton, tu récitais fièrement la leçon pour avoir des cadeaux tant convoités, un design de vie lourd et harassant, je te dépècerai de ça au jour le jour, quand, te prenant par la main, je te montrerai d’autres lieux aussi sordides mais plus beaux, où le vrai et le faux se distinguent non sans mal et ta cervelle sera cerveau, ton cerveau sera cerveau, et ton cerveau sera SEXE.

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18 mars 2006

Le troisième oeil

anusia2



Le troisième œil est la source des vérités

Il est ouvert béant à toutes tes envies

C’est un délice de savoir l’éternité

Quand, las de tout, tu te sens seul, privé de vie

Je te dirai ton avenir si tu le veux

Connecté au cerveau je perçois bien des ondes

Il est des secrets bien plus divins que les dieux

Je te révélerai la vie si tu me sondes

Posté par Querelle à 18:18 - Delirium Tremens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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