07 juillet 2008
Duel à la Muse
A la dérive majestueuse qui anime nos corps, qui n’est pas tant, aujourd’hui, qu’un festin alangui, j’appose celle d’hier, quand mon corps roulait sur le tien, jusqu’à toucher le sol, à m’en briser les os. Ce n’était pas moment formidable pour moi que cette intrusion dans la chair meuble et offerte, tout juste une déraison. Le sourire est endomorphine, et l’été, lénifiant, condamne les caresses à la sueur. L’odeur de l’épiderme, qui est drame, la suie, qui nous recouvre, s’étale, comme du sperme, sur le torse, tandis qu’une musique lourde et oppressive se diffuse, massive, dans l’air chaud.
Nous avons inversé un instant l’ordre du monde, pour l’éternité ; toute éternité passagère que la mémoire conserve et que les mots ordonnent à l’avenir, pour l’avenir, séditieuse sentence et crime reconduit. Il m’a dit ainsi que les mystères du monde, ceux que l’on ne conçoit plus, sont des énigmes vivantes, que la chair ne peut résoudre et qu’un instant, un bref instant, cependant, tel le poète qui inspecte le possible d’une création, l’hédoniste, le possible d’un désir écumé, consommé, ses lèvres géantes, oppressantes, avides de connaissances, se sont abouchées au sanctuaire délétère par lequel s’écoule le féces.
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