Le journal inversé

Eros et Thanatos... Confessions, reflexions, inepsies, labyrinthes, tranches de vie de l'écrivain Nicolas Raviere.

18 mai 2007

Mon Petit Pantin

(Participation à Paroles Plurielles sur cette photo de Coumarine)

pantin

Mon homme est grand mon homme est beau mais trop statique

Jambes écartées, mais sur elles-mêmes repliées

Mon homme impose par un charisme extatique

Les bras ouverts aux mains de fer écartelées

Sa puissance virile démontrée m’enchante

Brun et mystérieux me voici acculé

A cet air de mystère, le soyeux des étoffes

Le galbe de son corps, sa douce voix qui chante

L’érection qui monte à devenir fou à lier

Et la nécessité de censurer la strophe

(Mais je m’égare :)

Allant à lui, le touchant je vois bien qu’il dort

Ses yeux grands ouverts sont loin d’être symétriques

Au toucher ses vieux vêtements rêches en acrylique

Ne sont pas ces matières rouges, cousues d’or...

Non il n’est pas brun et loin d’être sensuel

Mais blond clairsemé, la bouche un rictus cruel

Il pourrait cependant me rendre mes baisers

Lors même qu’en moi s’éteignent les brasiers :

Seule l’écriture me sauvera de la gueule de bois

Posté par Querelle à 14:37 - Delirium Tremens - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 mai 2007

L'amour anathème

bradquer

C’est un ami impossible, aux confins de la chair, qui suppliant d’un cri, éteint son hémisphère, dans l’ombre d’un céans, la voûte de son néant, s’oublie à l’atmosphère et regarde son amant. Dans mes yeux, je le vois, sinistre et bien trop tendre qui, dans l’ombre de son verre, ondoie comme une feuille morte sur la sphère inégale des flots. Sous les rameaux qu’il me tend, les arrachant avec ses dents, il commet un sourire assassin et la procession de le suivre en Italie, à Rome et bien ailleurs aussi, dans les palaces du Quattrocento et chaque instant, chaque instant qu’il t’accorde est un répit à l’art dont il annule les beautés et vertus par sa seule présence car dans Tes yeux il est tout à cet instant même où il n’est plus exactement lui-même mais seulement dans tes yeux un reflet, celui de l’image qu’il se donne. Je sais que tu me comprends, que ces énigmes-là te sont familières mais cependant formulées par mes mots, mon langage, mes symboles, cela même qui te perd, tout comme la découverte d’une nouvelle chair inattendue et pire encore si celle-ci émerge à tes côtès dans le matin blême et que de tes mains, tu la touches une seconde fois et la redécouvre et tu dis alors que souvent l’anathème est quelque chose de délicieux, lors même que les frontières, nous nous les imposons souvent, parfois. Et tu te ris de ces évidences devant ta glace.

Posté par Querelle à 02:25 - Divan écartelement - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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