Le journal inversé

Eros et Thanatos... Confessions, reflexions, inepsies, labyrinthes, tranches de vie de l'écrivain Nicolas Raviere.

28 juin 2006

Defiançaille

deuxfaces

D’un air reconnu, aux oreilles parvenu comme ça, tout simplement, alors que bat le vent, déchirant l’espace, que, sombre, la nuit s’implante sur les mondes du dehors, une foret hostile, un jardin docile, ténèbres naissantes, je savoure l’instant de te regarder, dans toute ta naïveté, l’enfant qui se cache en l’homme que tu es, l’homme qui ne connaît pas cet enfant qui repose en lui. Sieste grenadine. Tu me parles parfois au détour d’un couloir. Tu me contournes parfois dans des pièces grandes et vides, tournant autour de ce que tu crois être moi : mon corps, mon écorce, car tu ne me connais pas, malgré les jours qui passent, malgré les vies qui passent, les onirismes narrés pour ta seule curiosité, la satisfaction tout simplement de t’aimer, pure et idéale.

Cette chanson, je la reconnais, mais ne la connais pas et tu fredonnes à l’instant les paroles d’une façon bien curieuse qu’elle semble t’appartenir d’une façon que je ne saurai saisir. Sans doute avons-nous dansé dessus lors de notre rencontre, dans une discothèque sombre et fatale, aux milieux de tous ses clichés qui animent des nuits éphémères et ressemblantes, mais je te répondrai que tous les jours c’est une rencontre, surtout avec toi.

Sans doute avons-nous fait l’amour un jour, dans nos draps doux et blancs, la chorégraphiant à notre insu alors que nos corps se pénétraient, qu’elle était la voix d’un prête permettant cette union. Mais je te répondrai que ces unions se multiplient comme des pains, que les peupliers sèment au vent bien plus que de raison.

Alors tu t’enfermes dans un monde de silence, aux portes de cristal que je ne peux briser, avec tout ce que mes muscles comprennent de force. Tu discernes dans ce prisme déformant de ta propre conscience un être qui frappe et frappe sans relâche cette porte que tu t’ai plu à créer, avec aux yeux une larme qui point, qui coule sur son menton, et s’en extrait, pour retomber sur le cuir noir de ses chaussures trop propres pour être neuve, éclaboussant le cristal de la porte, laquelle finalement cède et s’ouvre en grand. La musique s’arrête alors, grandiose en son decrescendo, vibrant une dernière fois parmi les strass. Et la vie de reprendre son cours.

Posté par Querelle à 02:08 - Passé Crypté - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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